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LES MOYENS TECHNIQUES
 

Moyens de prélèvement

L’air à analyser est dans une première étape aspiré au travers d’une tête de prélèvement.

Celle-ci doit se situer sur une zone plane, à l’abri des vents forts. Le point d’échantillonnage devra se situer à une distance d’environ 50 cm à 1 m du toit ou du mur.

Il existe différents types de tête de prélèvement des gaz : en inox, en Téflon ou en PVC. La matière utilisée doit être chimiquement inerte pour éviter toute réaction de surface pouvant entraîner une décomposition des polluants à mesurer.

L’air aspiré est ensuite amené à l’entrée de chaque analyseur par l’intermédiaire de tubes en Téflon. Pour l’ozone, on utilise des tubes en PFA, matière plus inerte pour ce composé.

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La tête de prélèvement spécifique doit être utilisée pour les analyseurs de particules en suspension (à gauche sur la photo). Elle est fixée à un tube de prélèvement en inox posé à la verticale de l’analyseur. Elle permet, par un système de chicane interne, de collecter les particules d’un diamètre inférieur ou égal à 10 µm. Pour éviter tout problème d’humidité dans l’analyseur, la base du tube de prélèvement est chauffée.

Moyens d’analyse

Lig'Air mesure actuellement cinq polluants différents. A chaque polluant correspond un analyseur dont le principe de mesure lui est spécifique.

L’analyseur d’oxydes d’azote

Il est spécifique aux mesures de monoxyde et de dioxyde d’azote à de faibles teneurs dans l’air ambiant. Le principe de mesure est basé sur la chimiluminescence.

Principe de mesure du NO :

Il est basé sur une oxydation du monoxyde d’azote par des molécules d’ozone générées par un ozoneur à décharge :

NO + O3 ® NO2* + O2

NO2* ® NO2 + hn

Le dioxyde d’azote excité retombe à un état fondamental stable en émettant un rayonnement lumineux de longueur d’onde comprise entre 600 et 1200 nm.

Un filtre optique sélectif des longueurs d’onde supérieures à 610 nm, permet au photomutiplicateur de mesurer le rayonnement.

Ce dernier délivre ensuite un signal électrique à un microprocesseur qui l’amplifiera et le transformera en concentration.

Principe de mesure du NO2

Pour mesurer le dioxyde d’azote, il faut d’abord le réduire en monoxyde d’azote par passage dans un four convertisseur de molybdène à haute température (320°C) suivant la réaction suivante :

3 NO2 + Mo ® 3 NO + MoO3

Selon le même principe que pour le monoxyde d’azote, on obtient donc la concentration en NOx (NO et NO2 converti) puis par différence avec la première valeur, la concentration en NO2

 

Devant le photomultiplicateur et le filtre optique se situe un chopper c’est-à-dire une roue à 3 secteurs correspondants aux phases suivantes :

¨ le masquage des deux chambres (zéro électrique), permettant la mesure du bruit électrique de fond.

¨ l’ouverture de la chambre NO (mesure du signal NO)

¨ l’ouverture de la chambre NOx (mesure du signal NOx).

 

L’analyseur de dioxyde de soufre

Le principe de mesure est basé sur la fluorescence UV des molécules de dioxyde de soufre. Les molécules de SO2 sont excitées sous l’effet de rayons UV émis par une lampe basse pression à vapeur de zinc de longueur d’onde 213,9 nm.

Les molécules de dioxyde de soufre excitées reviennent ensuite à un niveau fondamental par fluorescence :

La longueur d’onde des rayonnements fluorescents est comprise entre 320 et 380 nm (valeur moyenne de 350 nm). L’intensité de fluorescence mesurée par un photomultiplicateur est directement proportionnelle à la concentration en SO2 de l’échantillon.

L’analyseur de monoxyde de carbone

 

Le principe de mesure du monoxyde de carbone est basé sur l’absorption infra rouge. En effet son spectre d’absorption est maximal à la longueur d’onde 4,67 µm. Toutefois d’autres composés carbonés (que l’on peut retrouver dans l’air : CO2, CH4…) ont des spectres voisins à celui du CO. Pour éliminer les interférences de ces gaz, l’analyseur est équipé d’un filtre optique (centré sur la longueur d’onde 4,67 µm) et d’une roue de corrélation.

Le rayonnement IR émis par un filament chauffé traverse une roue de corrélation, le banc optique, puis un filtre sélectif à la longueur d’onde étudiée (4,7 µm) pour être enfin mesuré par le détecteur infrarouge.

La roue de corrélation permet une séparation temporelle du rayonnement IR en trois rayonnements distincts selon trois secteurs :

  • une partie opaque ne laissant passer aucun rayon infra rouge.
     

  • une partie vide laissant le passage libre aux rayons vers le banc optique..
     
  • une partie comportant une cellule remplie de monoxyde de carbone.

Le rayonnement infrarouge incident traverse alternativement ces trois parties. Il en résulte au niveau du détecteur la mesure de trois types de signaux différents :

  • un signal zéro correspondant au passage à travers la partie opaque de la roue.
     

  • un signal correspondant à la partie vide de la roue. Cette mesure permet de déterminer l’intensité (i) restante après absorption partielle des rayonnements par les molécules de CO.
     

  • un signal de référence (i0) correspondant au passage à travers la cellule remplie de CO. Durant cette période, toutes les bandes d’absorption spécifiques au CO sont éliminées. L’intensité lumineuse mesurée par le détecteur n’est donc pas affectée par l’absorption due au CO contenu dans l’échantillon.

Un microprocesseur calcule ensuite la concentration de monoxyde de carbone contenu dans l’échantillon en appliquant la loi de Beer-Lambert.

L’analyseur d’ozone

La méthode de mesure est l’absorption d’un rayonnement ultraviolet produit par une lampe à mercure (raie principale d’émission de la lampe à mercure : 253,7 nm). Le spectre d’absorption de l’ozone est maximum à la longueur d’onde 253,7 nm.

Un détecteur UV placé en fin de cellule mesure l’énergie UV lorsque l’échantillon est dans la chambre de mesure (intensité i). De même, il mesurera, avant chaque mesure de i, une intensité i0 de la cellule contenant un gaz exempt d’ozone obtenu par passage à travers un filtre sélectif à l’ozone.

Un capteur de pression et de température permettent de déterminer P et t.

Le calcul de la concentration est alors réalisé à partir de la loi de Beer Lambert.

L’analyseur de particules en suspension

Le rôle de cet analyseur est de déterminer la quantité de particules en suspension d’un diamètre inférieur à 10 µm présentes dans l’air. La mesure est basée sur le principe de la jauge Bêta, composée d’une source radioactive (rayons b mous) et d’un compteur Geiger-Müller.

Un volume d’air connu est aspiré, les particules se déposent sur un filtre en fibre de verre, le filtre, situé entre la source bêta et le compteur Geiger, est soumis aux rayons b (cette même opération est réalisée au préalable lorsque le filtre est vierge permettant ainsi de mesurer l’absorption du filtre). Les rayons de faible énergie sont absorbés par la matière par collision, l’absorption est proportionnelle à la masse de matière rencontrée indépendamment de la nature physico-chimique de celle-ci.

Transmission des données

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Les concentrations, obtenues après analyse de l’air prélevé, sont ensuite transmises à une station d’acquisition qui les moyenne tous les quart d’heures.

Le poste central (implanté au siège de LIG’AIR) interroge deux fois par jour, par voies téléphoniques, chaque station d’acquisition. Les mesures brutes ainsi récupérées, sont alors disponibles sur le poste de traitement où elles seront validées et transmises à la Base nationale des Données relatives à la Qualité de l’Air (BDQA) gérée par l’ADEME. Celle-ci récolte toutes les mesures effectuées par les 40 associations membres du réseau Atmo pour contribuer au développement d’échanges réciproques d’informations sur la qualité de l’air dans les Etats membres de la Communauté Européenne.

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